Une nouvelle boisson énergisante, le Coca Colla, vient d’être lancée sur le marché local. Cette initiative est soutenue par le gouvernement, qui cherche à étendre les usages licites de la feuille de coca.
La boisson a une étiquette rouge et blanche, un goût très sucré, un effet énergisant et, selon ce qu’en dit son fabricant, elle maintient éveillé. Mais ce n’est pas celle que vous pensez. L’univers déjà bien encombré des sodas vient d’accueillir un nouveau venu, une boisson bolivienne à base de feuilles de coca. Elle a été baptisée Coca Colla d’après le nom d’un peuple andin qui cultive la coca dans les régions frontalières de la Bolivie, du Chili et de l’Argentine.
Question de fierté indienne pour certains, signe de la montée du sentiment antiaméricain en Bolivie pour d’autres, cette modeste initiative locale entend concurrencer sur le marché bolivien des géants comme Coca-Cola et Red Bull.
Cette nouvelle boisson énergisante est produite par une entreprise privée dotée d’un capital de départ de 1 000 dollars, mais va dans le sens de la politique du gouvernement visant à l’industrialisation des cultures de coca.
L’Iran en a commandé 2 millions de bouteilles
La feuille de coca est un élément clé de la culture et de l’économie des peuples andins, mais c’est aussi la matière première de la cocaïne. Cette association avec la drogue est l’une des raisons qui ont incité Victor Ledezma, un cultivateur de coca de la région du Chapare, dans le centre de la Bolivie, à créer cette nouvelle boisson. “Je veux qu’on en boive dans le monde entier, dit-il. La coca a un fort potentiel […], elle peut changer l’image de la Bolivie, considérée aujourd’hui comme un pays de narcotrafiquants.”
Selon M. Ledezma, l’Iran, nouvel allié de la Bolivie, a déjà manifesté de l’intérêt pour sa boisson et en a commandé 2 millions de bouteilles. Et certains pays membres de l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA), en particulier le Venezuela et le Paraguay, envisagent non seulement d’en importer, mais aussi de financer le projet.
“J’ai mis au point une formule secrète. J’ai commencé par fabriquer la boisson chez moi en confiant la mise en bouteilles à une société extérieure, raconte M. Ledezma. Actuellement, nous construisons une usine à Santa Cruz et nous cherchons à lever des fonds, au moins 1 million de dollars. Et ce n’est qu’un début. Le monde entier doit savoir qu’en plus de son goût agréable la coca est bonne pour le corps et pour l’esprit.”
Les boissons à base de feuilles de coca ne datent pas d’hier. Au tournant du XXe siècle, le préparateur en pharmacie Angelo Mariani avait déclenché une révolution avec son vin Mariani, une boisson à base de vin de Bordeaux et de feuilles de coca qui procurait “santé, force, énergie et vitalité”. La feuille de coca entrerait aussi dans la composition d’une boisson énergisante de création récente, le Red Bull Cola ; mais elle est surtout connue pour être à l’origine de l’effet stimulant dans la formule initiale du Coca-Cola. Il y a plus d’un siècle que l’entreprise américaine a éliminé la cocaïne de sa composition, mais sa formule secrète renferme toujours de l’extrait de feuilles de coca décocaïnées. La société en importerait 8 tonnes par an d’Amérique du Sud, essentiellement du Pérou.
“La cocaïne, alcaloïde extrait de la feuille, est un stimulant puissant et peut créer une forte dépendance”,explique le psychiatre bolivien Jorge Hurtado, qui dirige l’Institut international de recherche sur la coca. “Mais la faible dose présente naturellement dans les feuilles de coca n’a qu’un léger effet énergisant et ne crée pas de dépendance ; elle excite moins qu’une tasse de café. Il en va de même du Coca Colla ou d’autres produits à base de coca comme le dentifrice, la farine ou les bonbons.”
Pourtant, à l’exception du Coca-Cola, la plupart des produits à base de coca sont interdits en dehors des pays andins. Aussi, pour que le Coca Colla puisse être exporté à travers le monde, il faudrait que l’organe international de contrôle des stupéfiants des Nations unies retire la feuille de coca de la liste des stupéfiants, où elle figure depuis 1961. Et il faudrait aussi amender la législation en vigueur en Bolivie, qui interdit l’exportation de tout produit à base de coca.
Diversifier les usages de la coca pour freiner le trafic
Le président de la Bolivie, Evo Morales, n’a pas encore dit si la loi allait être modifiée. Mais cet ancien cultivateur de coca a lutté pour les droits de sa profession et appelé les Nations unies à lever l’interdiction sur l’exportation de la coca.
La loi en vigueur autorise seulement 12 000 hectares de cultures de coca licites destinées à des usages traditionnels : mastication, infusions et rites autochtones. Mais, dans le cadre de son projet d’industrialisation, M. Morales souhaite porter ce seuil à 20 000 hectares. En réalité, les surfaces cultivées dépassent d’ores et déjà ce chiffre. Un récent rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) indique qu’en 2008 quelque 30 200 hectares étaient consacrés à cette culture dans deux des neuf départements du pays. Le fait que les feuilles de coca se vendent à des prix beaucoup plus élevés que la plupart des cultures vivrières explique que les paysans aient du mal à résister à la tentation d’en cultiver, d’autant que la Bolivie compte parmi les pays les plus pauvres d’Amérique du Sud. En soutenant la diversification des usages de la coca, le gouvernement espère empêcher un certain nombre de cultivateurs de se laisser tenter par le trafic de cocaïne. La production de coca licite pourrait, selon ses estimations, faire vivre 300 000 personnes.
Selon une source gouvernementale, les autorités seraient prêtes à fournir une aide financière aux producteurs de Coca Colla. “L’idée est d’offrir de meilleurs avantages sociaux aux producteurs qui fournissent la matière première. Cette boisson est une bonne chose pour la Bolivie et pour la feuille de coca, parce que les gens ne parleront plus uniquement des aspects négatifs des dérivés de la coca. Et puis c’est une question de fierté nationale.”
Mbokki taalibe yi (chers condisciples), l’heure est grave. Nos marabouts sont de plus en plus désacralisés. Des égarés croient qu’ils peuvent se passer d’eux tout en restant musulmans. Ils veulent se suffire de Dieu, du Prophète (Psl) et de leurs recommandations, programmant ainsi la fin de nos dynasties confrériques. Ils vont jusqu’à penser que nos marabouts sont des citoyens comme nous, alors que nos grands-pères, comparés aux leurs, n’étaient que de petits types, pour ne pas dire de viles créatures.
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