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Yousou Ndour : la musique du pouvoir



Par La rédaction le 02 - 06 - 10

Après des mois de controverses avec le président du Sénégal, le chanteur a obtenu l’ouverture de sa chaîne TV à Dakar. A condition de ne pas y faire de politique. Pour le moment

Vue de l’extérieur, l’élégante villa ceinte d’un haut mur blanc ne dépare pas le très résidentiel quartier des Almadies, où la nomenklatura dakaroise a le bon goût d’élire domicile. Là, dans une torpeur apparente, se joue pourtant la féroce bataille qui tient en haleine les Sénégalais, grands amateurs de joutes politiques.

Passé un portique aux lignes sobres, on pénètre dans les studios de Télévision Futurs Médias (TFM), la chaîne lancée en 2008 par le chanteur Youssou N’Dour, star mondiale et fierté absolue des Sénégalais. Régie flambant neuve, câblage en fibre optique, salle de spectacle en sous-sol: il n’y manque rien, pas même le décor du journal télévisé. Rien sauf l’autorisation d’émettre.

Celle-ci n’a finalement été octroyée par le président Abdoulaye Wade que le 11 mai dernier, au terme de deux années de duel entre ce chef d’Etat tout-puissant, vieux politicien madré, et le chanteur patron de presse quinquagénaire, classé en 2007 par Time Magazine parmi les 100 personnalités les plus influentes du monde.

La bataille pour TFM concentre les ingrédients épicés de la cuisine politique sénégalaise: un pouvoir autoritaire et une presse impertinente, des alliances et des institutions qui résistent rarement à l’argent. Et un système où, faute d’administration transparente et de justice indépendante, le meilleur moyen de débloquer ses affaires consiste, pour les puissants, à déverser dans les médias leur mauvaise humeur à l’égard du pouvoir. Quitte à rentrer dans le rang dès qu’ils ont obtenu satisfaction.

En 2008, le président avait donné son accord verbal à son ami «You». Une fréquence, UHF 42, lui avait même été attribuée. Puis Abdoulaye Wade s’était ravisé, craignant que TFM ne devienne une machine de guerre contre lui à l’approche de l’élection présidentielle de 2012. «Je ne l’autoriserai jamais», avait-il tranché dans un entretien accordé en mars dernier aux influents médias sénégalais dont le chanteur est le propriétaire.

Pour habiller son veto, le président Wade avait reproché à TFM d’être financée par «de l’argent extérieur», autrement dit par l’industriel français Vincent Bolloré. «Le financement de TFM, c’est 100% moi-même», rétorque Youssou N’Dour, tout en reconnaissant qu’il a «été en contact avec la chaîne Direct 8 – de Vincent Bolloré – pour des échanges de programmes». Aucune loi sénégalaise n’interdit d’ailleurs à des étrangers d’investir dans les médias.

Source : letemps.ch

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Par Bathie Ngoye Thiam le 11 - 05 - 10

Mbokki taalibe yi (chers condisciples), l’heure est grave. Nos marabouts sont de plus en plus désacralisés. Des égarés croient qu’ils peuvent se passer d’eux tout en restant musulmans. Ils veulent se suffire de Dieu, du Prophète (Psl) et de leurs recommandations, programmant ainsi la fin de nos dynasties confrériques. Ils vont jusqu’à penser que nos marabouts sont des citoyens comme nous, alors que nos grands-pères, comparés aux leurs, n’étaient que de petits types, pour ne pas dire de viles créatures.

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