36 buts en une saison ! C’est la prouesse qu’a réussie l’internationale sénégalaise de football, Mami Ndiaye, ex capitaine des Aigles de la Médina qui évolue actuellement à IFK Kalmar en Suède. En vacance au Sénégal, elle fait un tour d’horizon sur sa carrière.
Débarquée en 2007 à IFK Kalmar en Suède, alors que le club était en 4ème division, la fille de l’ancien international du Diaraf, Guessiam Ndiaye, a pu monter l’équipe en première division. Pourtant, tout n’a pas été facile pour elle. « L’intégration était difficile, il y avait le froid et le niveau était beaucoup plus relevé qu’ici ». Tellement difficile pour elle qu’« il arrivait que je m’enferme dans ma chambre pour pleurer », se souvient-elle encore. Mais à force de persévérer et par amour pour le métier qu’elle dit « avoir tout abandonné pour se consacrer au foot », cela a finalement payé. Trois ans après son arrivée au pôle nord, Mami Ndiaye a littéralement explosé en affolant les statistiques. Dans un championnat de 10 équipes en match aller et retour, elle a flanqué la bagatelle de 36 buts ! Père footballeur, maman athlète, tels parents, telle fille est-on tenté de dire. Son ambition en club cette année est d’assurer le maintien. Il n’en demeure pas moins qu’elle veuille jouer dans un championnat beaucoup plus relevé, notamment aux Etats-Unis où en Allemagne.
La première Sénégalaise joueuse professionnelle de football compte mettre tout son potentiel et capital expérience au service de l’équipe nationale, pour bousculer la prédominance des anglophones au niveau du continent. Mais précise-t-elle, « nous sommes onze sans compter les remplaçants ». Une précision de taille pour dire aux dirigeants d’« accorder plus d’importance à l’équipe nationale féminine ». S’agissant des éliminatoires pour la CAN féminine, « je suis partante, car j’aime mon pays et c’est ma seule fierté. Mais, indique-t-elle, il faut arrêter de convoquer les gens à une semaine des matchs. Parce qu’il m’est arrivé d’arriver à 48 heures du match ». Pour Mami, le football féminin au Sénégal n’est pas prêt de se développer de sitôt. Pour cause, les joueuses ne sont pas motivées. « Depuis 2004 jusqu’à mon départ, les Aigles de la Médina réalisaient chaque année, le doublé, coupe-championnat. A chaque fois, ironise-t-elle, on nous donnait des coupes et c’est fini. Les filles n’ont pas besoin que de ça. Il faut les soutenir financièrement », estime-t-elle. Après son vécu en occident, elle s’est rendue compte de l’importance des infrastructures, qui, d’après elle, « sont indispensables pour le développement de la pratique sportive. »
Elle ne voit pas sa vie sans le football. « Je veux devenir entraîneur si je raccroche ». Mais « avant, il y a le mariage », parole de femme.
François MENDY






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