Sous Me Wade, le Sénégal a connu l’émergence de personnalités sorties du néant. Sans connaissance certifiée ou approfondie sur un domaine précis, leur seul mérite est leur capacité de s’aplatir devant le Prince, dithyrambe à la bouche.
Finalement, à quoi s’attèle Me Abdoulaye Wade ? Après avoir défait tous les leaderships dans son parti, découragé les intellectuels à intervenir dans le débat national, torpillé le projet démocratique, ridiculisé et banalisé les institutions, on est amené à s’interroger sur le type de Sénégalais que le secrétaire général national du Pds présente comme modèle. On peut aisément essayer de dresser le profil de ce Sénégalais de type nouveau et qui émerge sous l’alternance. Ce Sénégalais à qui le chef de l’Etat confie tous les pouvoirs au mépris de la compétence. On aurait même cru au culte de la médiocrité. Le dernier profil proposé par le chef au poste de Premier ministre est très caractéristique à cet égard.
Souleymane Ndéné Ndiaye. L’homme est le prototype de « l’homo alternansis ». C’est-à-dire, ces « surfeurs » sénégalais qui arrivent au devant de la scène avec l’avènement du 19 mars 2000 sans aucune connaissance certifiée ou approfondie sur un domaine précis et qui au nom « d’acteurs de l’alternance » prennent tous les pouvoirs. Méconnu totalement du grand public avant 2000, son premier poste dans l’administration est celui de ministre conseiller à l’image de ces nombreux proches collaborateurs de Me Abdoulaye Wade quand il était dans l’opposition et à qui l’alternance a donné un statut dans la société.
Si la fonction de Premier ministre a toujours été sacralisée dans ce pays, c’est plus par la carrure et la brillance du parcours de ceux qui l’ont incarnée. Dans le même gouvernement de Souleymane Ndéné Ndiaye, est présent un ministre super puissant qui ne justifie sa présence dans cet attelage que par son lien de sang avec le Président : Karim Wade. Il est le fils, c’est le seul mérite que lui connaissent les Sénégalais. Ni son niveau d’étude, ni son parcours professionnel encore moins son expérience politique n’expliquent ses charges de super ministre d’Etat, ministre des Infrastructures, de la Coopération internationale, du Transport aérien et de l’Aménagement du territoire.
Pourtant, cette promotion est arrivée au lendemain des élections locales quand Karim Wade, investi sur les listes de la coalition Sopi 2007 n’a pu gagner dans aucun bureau de vote au quartier Point E. Auparavant, Wade fils a piloté l’Agence nationale pour l’organisation de la conférence islamique (Anoci) et après plusieurs reports, les chantiers engagés attendent toujours d’être achevés une année plus tard. C’est qu’il semble que chez Wade père, la méritocratie et la compétence sont constamment foulées au pied. Cette conception s’appuie surtout sur la capacité de l’individu à renoncer à l’engagement pour la République, à se conformer aux caprices du Prince où chanter son « épopée ». Sous le Sénégal de l’alternance, les troubadours de Sa Majesté sont bien servis. Au fil des années, on a fait la promotion des thuriféraires au détriment des compétents. Cela a été relevé dernièrement par l’ancien ministre sous le régime socialiste, Alassane Dialy Ndiaye. Il disait, en substance, qu’il est inutile pour les jeunes de faire des études poussées si au bout du compte cela n’est pas déterminant dans le choix des hommes qui nous gouvernent. La nomination de Mamadou Lamine Massaly comme président du conseil d’administration de Sirn, société de réparation navale a désarçonné plus d’un citoyen. Ce jeune politicien n’a même pas le baccalauréat. Son seul travail avant, consistait à suivre le chef de l’Etat dans ses voyages à l’intérieur du pays ou à l’accueillir à l’aéroport avec des pancartes saluant « l’exploit » du maître. C’est ce type de Sénégalais qui est promu sous l’alternance.
On a connu Farba Senghor. Le personnage « hors du commun » est arrivé au gouvernement à la surprise générale. A l’époque, la presse titrait : « Pacotille devient ministre » pour montrer combien cette nomination était inattendue. Cela n’a pas empêché le chef de l’Etat de faire de son homme hors du commun, un ministre touche-à-tout qui s’immisce de manière intempestive dans les domaines de compétences de ses collègues. On se rappelle l’ingérence de M. Senghor dans l’Education, et de la cacophonie qu’il a semée. Avant d’être stoppé par son maître, le ministre Farba compte à son actif, l’agression et la mise à sac des organes de presse et une image écornée du Sénégal dans le dossier Asecna.
A l’incompétence des nouveaux dirigeants, s’ajoutent une arrogance injustifiée et un goût démesuré pour le luxe. L’homo alternance n’est pas modeste. C’est un m’as-tu-vu qui aime montrer sa fortune souvent acquise de manière douteuse. En témoignent ces grosses voitures qui circulent dans un pays où les populations cherchent la queue du diable pour la tirer et ces nombreuses villas cossues qui contrastent avec la pauvreté déclarée du pays. Comme ces multiples scandales à milliards…
CHEIKH FADEL BARRO






Merci Mr Barro pour cet
Invité(e) le 21 - 06 - 2009 à 23h:22m:02s GMT
Merci Mr Barro pour cet article de haute facture. Je me réconcilie avec mon pays chaque fois que j'ai l'occasion de lire ou de rencontrer des concitoyens capables de parler une "langue" différente de celle utilisée par le bien nommé "Homo Alternancis". J'ai l'habitude de dire que ces tristes individus utilisent l'arrogance pour masquer les stigmates phénotypiques de leur incompétence génétique désormais notoire. Quant au luxe qu'ils affichent, consolez vous, ils ne savent même pas en profiter; l'expression française "donner du lard aux cochons" trouve, ici, toute sa justification. Leur boulimie prouve à quel point ils étaient affamés, dans tous les sens du terme, en arrivant au pouvoir.
Leur ultime et grande satisfaction consiste à s'asseoir et à contempler les biens issus de leurs rapines tout en s'exclamant, devant l'Homo Senegalensis ordinaire, " wétététe, Khol lèn li lèp mako mome!"
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