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Priorité aux déplacements à l’étranger : Wade fuit ses compatriotes inondés

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Absent du pays à des moments de grande détresse, le Président Abdoulaye Wade semble prendre un malin plaisir à cultiver le paradoxe. Il n’a pas jugé utile d’aller réconforter les sinistrés de Pikine ou de Thiaroye.

Absent du pays à des moments de grande détresse, le Président Abdoulaye Wade semble prendre un malin plaisir à cultiver le paradoxe. Il n’a pas jugé utile d’aller réconforter les sinistrés de Pikine ou de Thiaroye. Mais en faiseur de rois virtuels dans la sous-région ouest-africaine, il a trouvé le temps d’aller à Bissau, Monrovia, Conakry par deux fois, et même à Washington, à 10 000 km de Guédiawaye !

Par Momar DIENG

ImageNicolas Sarkozy a fait des émules chez nous. Accueilli en novembre 2007 par une salve d’invectives par des marins pêcheurs du Guilvinec (département du Finis­tère) mécontents de la cherté du prix de l’essence à l’époque, le Président français s’était lâché sur l’un d’eux : «Toi, si tu as quelque chose à dire, tu as qu’à venir ici !» Depuis, il s’est efforcé à la sagesse même si, entre-temps, il a trouvé le moyen de fourguer un cinglant «casse-toi pauvre con !» à un visiteur enragé du Salon de l’Agricul­ture à Paris.
Le chef du gouvernement et le ministre de l’Intérieur du Sénégal ont rejoué ce (mauvais) film lors d’une visite éclaire dans les zones inondées de la banlieue dakaroise. «Vous êtes qui pour me parler sur ce ton», a répliqué le premier à des manifestants assez pacifiques du reste. «Il faut les affronter», réagissait, martial, le second.
Cette présence symbolique sur le terrain que Souleymane Ndéné Ndiaye et Cheikh Tidiane Sy ont eu le courage de soutenir, elle devait être conduite par le président de la République. Absent du pays pendant que les populations des banlieues avaient la tête dans les eaux, le chef de l’Etat nous est revenu en petite pompe, accueilli par la crème de la République et par quelques supporters irréductibles du défunt Sopi. Des audiences politiques sans fin, un ndogou avec le fils d’emprunt…le protocole présidentiel n’a pas jugé utile de caler une visite dans les zones sinistrées de la capitale sénégalaise.
Ce dédain manifeste du Pré­sident Wade à l’endroit d’une frange électorale impressionnante est un indicateur qui renseigne non seulement sur le lien nouveau qu’il a décidé d’entretenir avec le pouvoir, mais aussi et surtout sur la distance physico-affective qui le sépare désormais des gens. Grand bourgeois que les ors de l’Alternance ont sorti de sa timidité de classe, Me Wade a cessé d’être populiste lorsqu’il a acquis la certitude de son impopularité. Quand tout un pays le réclamait, que n’eût-il regagné le bercail toutes affaires cessantes, pour être au milieu des siens, pataugeant dans la gadoue, demandant des explications, partageant les souffrances des uns et des autres, rompant le jeûne avec eux…
Dans une catastrophe de même nature survenue au Burkina Faso, le Président Blaise Compaoré, ainsi que l’a rappelé avec pertinence et à propos notre confrère Babacar Justin Ndiaye dans une chronique publiée sur le site Ferloo, a quitté précipitamment le sommet africain de Tripoli pour aller prendre la direction des opérations de secours après les pluies diluviennes du 1er septembre. En matière de conscience et de res­ponsabilité, il est difficile de faire mieux ! C’est la claire affirmation d’une volonté pratique d’assumer les responsabilités qui échoient à un chef d’Etat qui se veut respectable.
Peut-on en dire autant du Pré­si­dent sénégalais ? Après son retour de vacances, Me Wade s’est rendu à Bissau pour assister à la prestation de serment du Prési­dent Malam Bacai Sagna. Devenu in­ter­locuteur privilégié du très ambitieux Moussa Dadis Camara, il a pris par deux fois, et en quelques jours, le chemin de Conakry par où il a bifurqué sur Freetown pour inciter Ellen-Johnson Sirleaf à faire partie du cercle de soutien au chef de la junte guinéenne. Et Guédiawaye, Pikine, Thiaroye… où le Président de tous les sénégalais n’a pas mis les pieds en deux mois d’inondations incessantes ? Si ce n’est pas une faute politique…

momar@lequotidien.sn


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Par Bathie Ngoye Thiam le 11 - 05 - 10

Mbokki taalibe yi (chers condisciples), l’heure est grave. Nos marabouts sont de plus en plus désacralisés. Des égarés croient qu’ils peuvent se passer d’eux tout en restant musulmans. Ils veulent se suffire de Dieu, du Prophète (Psl) et de leurs recommandations, programmant ainsi la fin de nos dynasties confrériques. Ils vont jusqu’à penser que nos marabouts sont des citoyens comme nous, alors que nos grands-pères, comparés aux leurs, n’étaient que de petits types, pour ne pas dire de viles créatures.

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