La date du 26 décembre prochain risque d’être un jour qui sera inscrit en lettres d’or dans l’agenda politique du Sénégal, à l’approche de l’élection présidentielle de 2012. Pour cause, des citoyens sénégalais résidant aux Etats-unis vont rallier la capitale sénégalaise sous la houlette du Mouvement citoyen «Jog Jotna», pour organiser une marche historique visant à dénoncer les dérives du régime libéral.
Le 26 décembre, une date fatidique pour le régime de Wade
Par Binta NDONG
ImageDes Sénégalais de Portland ont pour ambition de s’élever contre la gestion du Sénégal par Wade et ses acolytes, et qui s’est caractérisée par des maux qui ont pour noms «la corruption, la gabegie, l’impunité, l’irresponsabilité, le clientélisme, le népotisme, le laxisme, l’indiscipline, le maatéyisme». Pour le mouvement dénommé Jog Jotna, le samedi 26 décembre va mettre à nu «les pratiques exécrables d’un régime»et proclamer ainsi la naissance d’une «nouvelle citoyenneté, d’une nouvelle génération, d’une nouvelle Nation». Ce combat étant une tâche difficile à accomplir, ces derniers ont ainsi choisi de s’attaquer d’abord au cerveau du monstre qui n’est autre que «la nature monstrueuse du Pouvoir exécutif», qualifiée de «monarchie absolue de droit constitutionnel».
Toutefois, le mouvement Jog Jotna est formel : son objectif n’est pas de faire tomber un quelconque régime, ni d’abréger son mandat, car ce mouvement reste attaché à la République. Seulement, ces Sénégalais veulent seulement que le chef de l’Etat gouverne désormais sur la base d’un «Pacte citoyen» fondé exclusivement sur les principes de bonne gouvernance et de l’Etat de droit. En d’autres termes, Elimane Mbengue et Cie estiment que les citoyens ne doivent plus rester stoïques face à la «dilapidation systématique» des maigres ressources financières et des réserves foncières du pays «dans des deals mafieux et des projets pharaoniques» qui ont uniquement pour but de satisfaire «un égo surdimensionné», et surtout la consécration du «prince héritier». Pour ce mouvement, cela relève d’une pure «lâcheté politique». Donc, pour faire avorter un tel projet, Jog Jotna pense que le mutisme et l’attentisme n’ont plus droit de cité et c’est la raison pour laquelle, en tant que Sénégalais, ils veulent se faire entendre le 26 décembre prochain. Ils refusent de laisser le régime actuel dans «sa politique tyrannique d’instrumentalisation de la Dic», mais aussi de manipulation de la Constitution, bafouant ainsi les règles élémentaires de la gouvernance moderne. Autant de pratiques qui risquent de saborder les fondements de notre option démocratique ; c’est pourquoi Jog Jotna avise le peuple sénégalais : 2012 se joue maintenant.
LA CANDIDATURE DE WADE, «UNE HONTEUSE DIVERSION»
L’annonce de la candidature de Wade à la prochaine Présidentielle constitue pour ce mouvement une «honteuse diversion» de plus du Président qui tente encore d’user de «ses tours njomboriens pour étouffer le scandale de l’Anoci et desserrer l’étau autour de son projet monarchique».
Ainsi, ceux-là qui veulent marquer la rupture voient dans la date du 26 décembre, pour le citoyen lambda comme pour l’élite, «l’occasion de rompre d’avec le fatalisme paralysant et la belle rhétorique bien sénégalaise pour faire tomber définitivement la bastille de l’obscurantisme politicien afin de libérer la République», otage d’une certaine classe politique. D’ailleurs, ces citoyens qui sont au pays de l’oncle Sam sont d’avis que les conclusions issues des Assises nationales constituent un très bon point de départ dans le projet de remise des pendules républicaines à l’heure de la bonne gouvernance et de l’Etat de droit.
Par ailleurs, Jog Jotna est convaincu que ce combat est celui de tous les patriotes, car on peut appartenir à n’importe quelle confrérie religieuse et être républicain. De la même manière, on peut être issu de n’importe quelle ethnie et rester toujours patriote. D’ailleurs, ce mouvement remercie certaines personnes issues de toutes les catégories socioprofessionnelles qui se sont illustrées récemment dans des combats quel que soit leur domaine d’activités. Et d’ajouter que les récentes luttes sectorielles ont tant bien que mal montré leurs limites ; donc, il est temps «de joindre l’acte à la parole en descendant de façon organisée sur le terrain pratique du combat citoyen». Les initiateurs de la marche ne se font pas trop d’illusions, mais pour eux, la crainte de représailles reste leur «pire adversaire», «le meilleur allié de l’arbitraire».






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