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Doudou Ndiaye Mbengue : «Je ne suis pas un pédé, je ne serre même pas la main aux pédés»

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«Je ne suis pas un pédé, je ne serre même pas la main aux pédés»

Pour ceux qui en doutaient déjà, Doudou Ndiaye Mbengue se veut formel. Aujourd’hui plus que jamais, le leader du «Ridial Group» a réaffirmé son engagement aux côtés de Macky Sall après les rumeurs qui ont fait état de son alliance avec Sitor Ndour l’ex-compagnon du président de l’Apr Yaakaar (re) devenu libéral. Conscient que son compagnonnage avec Macky dérange certaines personnes, l’artiste est résolument décidé à suivre ce dernier jusqu’au bout. À travers cet entretien à bâtons rompus qu’il nous a accordé, le chanteur donne également sa position sur l’homosexualité, et dit clairement qu’il n’est pas un pédé. Et mieux, qu’il ne serre même pas la main aux homosexuels. Il parle aussi du gaspillage dans les cérémonies, de ses relations avec Serigne Mansour Sy…

À quand remontent vos débuts dans la musique ?

C’est en 1977, J’avais 15 ans à l’époque. J’évoluais dans un groupe appelé le "Takkarrnassé" avec des grands frères comme Ouzin Ndiaye, Ismael Ndiaye. Après un passage à l’orchestre "Jalloré"où j’étais le lead vocal en compagnie d’autres chanteurs comme Mar Seck et à l’Orchestre National où je suis resté cinq ans, j'ai fait des tournées internationales qui m'ont mené dans différents pays d'Europe en compagnie de mon homonyme Doudou Ndiaye Rose. Lorsque je suis rentré au pays, le Finlandais Hasse Waali m’a contacté pour que je fasse partie de son groupe. C'est au terme de cette expérience que j'ai décidé de revenir au pays pour monter ma propre formation musicale le "Rijjal Group” .

De 1977 à aujourd’hui que de chemin parcouru mais on dirait que vous avez stagné à un moment donné de votre carrière ?

C'était très difficile au début, on percevait des cachets de 500 francs à la fin de nos prestations et l’on s'en contentait. Actuellement, il est inconcevable pour les musiciens de la génération actuelle de percevoir des miettes. Depuis cette période de vaches maigres, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts et je me suis quand même battu pour imposer mon nom sur la scène internationale. Doudou Ndiaye Mbengue est un artiste reconnu au Sénégal et ne serait ce que pour cela, c’est déjà un acquis et j'en remercie le Tout Puissant. Ce qui m’a retardé un moment, c’est l’émigration que j’ai faite en Italie où j’ai séjourné pendant huit ans. Peut-être que si je n'avais pas fait ce stand-by, j'aurais dépassé ce stade depuis longtemps. Je vais vous confier un secret : Youssou Ndour voulait me coopter dans son orchestre du temps où il était à l’Etoile de Dakar avec les Eric Mbacké Ndoye, El hadj Faye et consorts mais, mon père s’y est opposé catégoriquement. Il était hors de question pour lui que je sois choriste. Il a toujours voulu que je sois lead vocal et non une doublure.

Mais convenez avec nous quand même que vous avez accusé du retard par rapport à la nouvelle génération de musiciens qui montent ?

Je n’ai pas accusé de retard par rapport aux musiciens dont vous parlez.
Chaque chose en son temps. Il n’existe pas de pays où je ne suis pas allé à l’image de ces artistes dont vous parlez. J’ai fait tous les pays au même titre que ces artistes. Je me contente de ce que je suis actuellement, je suis connu et reconnu sur le plan international. C’est l’essentiel pour moi, même si je sais qu’il me reste une importante marge de progression. Je ne me plains pas.

Quel regard jetez-vous sur l’évolution de la musique sénégalaise. D’aucuns disent que les musiciens sénégalais ne chantent plus ?

Ça c’est vrai. De nos jours, les artistes ne sont plus des paroliers. Ils passent le plus clair de leur temps à plagier les tubes de leurs collègues artistes. Les textes et les lyriques sont vraiment vides en termes de richesse thématique. En revanche, ce n’est pas mon cas. Si je chante certaines personnes, c’est parce que ce sont des exemples pour moi. Ce sont pour la plupart des personnes généreuses qui font des actes de bienfaisance à l'endroit des démunis. Je suis un messager et je chante les thèmes de société dans mes productions: La violence, le viol, la prostitution, l'adultère sont des thèmes que vous pouvez trouver dans mon répertoire.

Vos soirées sont souvent des moments de gaspillage à outrance dans un contexte de crise mondiale. On dit que vous les griots, vous encouragez souvent cette tendance ?

Nous sommes au Sénégal et nous avons une culture. Toi qui me parles, tu as un griot. Autrefois, les gens ne se retenaient pas dès qu'on chantait leurs louanges. La chanson c'est quelque chose d'extraordinaire. Lorsqu'un griot chante tes louanges, il touche ta sensibilité. Dès lors, quand tu te mets à le couvrir de billets de banque, tu ne t'en rends même pas compte, tellement tu es en extase. C’est un honneur que d'entendre ton propre griot t’énumérer les membres de ton arbre généalogique. Nous sommes des êtres humains et nous avons chacun une histoire. Nous avons des gens qui nous adulent, qui aiment ce que nous faisons. C'est tout à fait normal que, lorsque nous organisons nos manifestations, nous les choisissons comme parrains ou comme président d'honneur. C'est une manière de leur renvoyer l'ascenseur pour les honneurs qu'ils nous font. Il y’en a même qui disent que certains chanteurs vont jusqu'à solliciter les services d'un marabout pour bénéficier des largesses de leurs bienfaiteurs. Moi, je ne le ferai jamais.

Mais vous convenez quand même que c'est du gaspillage ?

Ce n'est pas du gaspillage. Souvent ces gens-là que vous accusez d'être les auteurs de ces gaspillages sont des bons samaritains qui viennent en aide aux gens démunis sans que personne ne le sache. Ce sont des gens modestes qui passent inaperçus. Encore une fois, il ne faut pas interpréter cela comme du gaspillage. Ce n’est que l’expression d’un sentiment profond. Un jour, mon grand père a chanté les louanges d’un roi qui était en même temps son maître. Après que ce dernier lui a donné tout ce qu'il avait comme fortune, il a arraché un morceau de chair de son corps pour le donner à mon grand père car il avait fini de lui donner tout l'argent qu'il avait sur lui.

Mais lorsqu'il s'agit de vous donner leur fortune ces gens-là soi -disant modestes s'exhibent au vu et au su de tous devant les caméras de la télévision pour faire leur démonstration de force ?

Non, ce n'est pas cela. L'explication est simple, c'est qu ils sont tellement débordés de joie lorsqu'ils écoutent les louanges de leurs ancêtres qu'ils ne peuvent plus se permettre de camoufler ou de retenir leur émotion. La seule manière de l’extérioriser, c’est de donner de l’argent à leurs griots.

Pourquoi ne sensibilisez vous pas vos bienfaiteurs pour qu’ils arrêtent le gaspillage ?

Ça, nous n'allons jamais le faire, au risque de fermer boutique. Ça ne nous arrange pas. Nous prions Dieu pour qu'ils continuent d’avoir beaucoup plus d’argent pour que nous puissions continuer à bénéficier de leurs largesses.

Venons-en à l’actualité. Vous dites que vous êtes un partisan de Macky Sall, mais tout récemment, les gens vous ont vu lors d’une manifestation politique hostile à l’ancien Pm et organisée par Sitor Ndour. Pouvez-vous apporter des précisions à ce sujet ?
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Sitor, c'est un ami. C'est l'une des premières personnes que j'ai connues dans l'entourage de Macky. C'est vraiment un ami. Je vais vous raconter une anecdote. Au tout début, lorsque j'allais rendre visite à Macky à son domicile, on me refusait l'accès. J'y suis allé à trois reprises et à chaque fois que je m'y rendais, je n'étais pas autorisé à entrer, j’étais retenu à la porte. Par la suite, j'avais juré de ne plus remettre les pieds chez lui la prochaine fois que je ne serais pas admis à son domicile. Mais il se trouvait que Macky n’était pas au courant de cela. C'est à ce moment précis que Sitor a été mis au parfum de cette affaire et dès qu'il l'a sue, il en a parlé à Macky qui a intimé l'ordre à ses employés de ne plus me bloquer à la porte. À ce moment, Macky était président de l'Assemblée nationale. C'est grâce à Sitor que j'ai mes entrées chez Macky. C’est vous dire que j’ai de bonnes relations avec lui. Quant à Macky, c’est autre chose, mes rapports avec lui sont très étroits.

Comment expliquez vous alors votre présence dans cette manifestation politique anti Macky ?

Sitor je le connais déjà, le coup est déjà parti. Je ne peux pas briser du coup cette amitié qui nous lie. Sitor ne peut pas m'emmener chez Wade car je suis et je reste chez Macky. J'ai souvent l'habitude d'être sollicité par Sitor pour des Play-back à l'occasion des journées culturelles de son école. Ce jour-là, j'étais très surpris car je ne m'attendais pas à assister à une manifestation politique hostile à Macky. J'étais pris de court car je ne me doutais pas qu'il s'agissait de politique. Pour moi, c'était une fête scolaire. Mais, comme j'ai déjà signé le contrat je ne pouvais pas me permettre de renoncer à ma prestation.
Sitor sait que je suis pro-Macky. Pas plus tard qu’hier, j’étais avec Macky. Il sait ce que je représente pour lui et vice versa. C’est l’essentiel. Ce qui est sûr, c’est que je ne suis pas une personne qu’on achète. Je suis un Gawlo. Si un jour, je sens que mon compagnonnage avec Macky bat de l’aile, je préférerais le quitter plutôt que de verser dans l’hypocrisie. Si je fais de la politique c’est grâce à lui. C’est une manière pour moi de lui exprimer ma profonde gratitude pour l’affection qu’il porte à ma modeste personne.

Est-ce que vous n’avez pas été piégé par Sitor Ndour ?

Je ne le considère pas comme un piège. Certes, j’ai été un peu surpris par la tournure des choses, mais à l’avenir, je m’évertuerai à être beaucoup plus prudent et je consulterai mon staff dans tout ce que j’entreprendrai. Cela dit Sitor reste un ami. D’ailleurs, qui vous dit qu’un jour on ne pourrait assister à des retrouvailles entre Macky et Sitor ? Tout est possible en politique, on aura déjà assisté à des scénarii similaires entre des politiciens qui entretenaient une animosité extrême et qui ont fini par se retrouver. Raison de plus pour que je prenne mes distances par rapport au différend qui oppose Macky et Sitor. Je dois rester neutre dans cette histoire. Car, tous les deux sont de la même localité Fatick. La politique est très bizarre. Sitor n’a jamais pensé me proposer de venir le rejoindre dans son nouveau camp. Ce n’est pas parce que je suis venu faire mon travail que je suis dans le camp de Sitor.
Pour rien au monde, je n’échangerai ma dignité contre des espèces sonnantes et trébuchantes. Macky, on s’est connu il y a quatre ans seulement. Avant que je ne connaisse Macky, je gagnais dignement ma vie.

Et si c’était à refaire ?

Si Sitor sollicite mes services à nouveau pour une prestation, je le ferais car c’est mon job. C’est mon gagne pain, je suis un artiste. Ça n’a absolument rien à voir avec mon engagement politique. Si c’est dans le cadre du travail, je viendrais toujours honorer mes engagements à condition que mon staff donne son accord. Le cas contraire je préfère décliner la proposition car je suis les conseils de mon staff.

Vous n’aurez pas peur que votre compagnonnage avec Macky Sall puisse vous créer des ennuis ?

Je crois en Dieu. Je sais que je n’ai insulté personne, Macky, mon leader n’a également insulté personne. J’ai le droit de choisir le leader qui me plait pour cheminer avec lui Je suis avec Macky jusqu’au bout quoiqu’il advienne. Si ma cohabitation avec Macky dérange, que les gens sachent que je ne le quitterai jamais car Macky est un homme de bien, il ne connaît pas le mal.

Vos soirées sont très courues par les homosexuels. Est ce que vous n’êtes pas quelque part complice de la dégradation des mœurs qui sévit dans le pays ?

Pas du tout. D’ailleurs, les homosexuels n’osent plus s’afficher dans certaines salles de spectacle où nous avons l’habitude d’organiser nos anniversaires. À Sorano par exemple, on y a interdit d’accès les homosexuels. Là-bas, il y a une femme qui s’appelle Madeleine, elle reconnaît tous les homosexuels de Dakar et elle n’hésite pas à sévir dès qu’elle suspecte quelqu’un. Par contre pour les autres manifestations, les homosexuels paient de leur argent pour venir se divertir comme les autres, on ne peut pas les en empêcher. Nous partageons le milieu du showbiz.

D’aucuns disent même qu’il y a beaucoup d’homos parmi les artistes ?

Ah bon ? C’est vous qui me l’apprenez. Pour ma part je ne serre même pas la main aux homosexuels, certes il y en a qui viennent à mes soirées mais ça s’arrête là. L’homosexualité a pris des proportions inquiétantes dans ce pays. Ils sont présents partout et ils n’en donnent même pas l’impression.

On dit que vous faites du « xeessal » qu’en est-il?

Jugez de vous-même. Quand je suis revenu d’Europe, j’avais un teint beaucoup plus éclatant. Mon père ressemble à un maure. Vous êtes en face de moi et vous pouvez me dire si je me dépigmente ou pas. Ce sont des bruits pour rien. Nous sommes des hommes et nous sommes exposés aux critiques. C’est dans l’ordre normal des choses. Heureusement qu’on ne m’a pas taxé d’autres choses plus graves. Je ne m’attarde pas sur ces détails. Je me concentre sur ma carrière et je prépare actuellement la sortie de mon prochain album « Yaay Booy » qui sera très prochainement sur le marché.

Vous êtes Mouride mais vous avez chanté à deux reprises le Khalife général des Tidianes Serigne Mansour Sy? Vous avez eu quelque chose en retour ?

Je n’ai pas de frontières avec les différentes confréries. Lorsque j’ai chanté Serigne Mansour Sy, il m’a remis beaucoup d’argent en plus de faire des prières pour moi. Ma carrière s’en est portée à merveille et je ne l’ai vraiment pas regretté. Il m’a reçu personnellement et il a fait pour moi de très bonnes choses que je ne vais pas dévoiler.

Combien d’argent ?

Je ne peux le dire, mais c’est quand même très important. Tout le monde dans ce pays sait qui est Serigne Mansour Sy Borom Daara dji.

Quelles sont vos relations avec les femmes ?

Ce sont mes admiratrices. Toutefois, j’ai trois épouses que je respecte toutes et je compte en trouver une quatrième. Je rends hommage à mes épouses, elles me comprennent et elles sont toutes superbes. C’est ma première épouse qui a montré la voie à suivre. Ma deuxième femme, quant à elle, m’a offert une voiture devant tout le monde, c’était à l’occasion de mon anniversaire à Sorano. La troisième également est adorable. Bref je suis un homme heureux.

Entretien réalisé par Amadou L MBAYE


ARTICLR BIDON

Portrait de REEW

Invité(e) le 18 - 06 - 2009 à 22h:35m:08s GMT

ARTICLR BIDON

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Par Bathie Ngoye Thiam le 11 - 05 - 10

Mbokki taalibe yi (chers condisciples), l’heure est grave. Nos marabouts sont de plus en plus désacralisés. Des égarés croient qu’ils peuvent se passer d’eux tout en restant musulmans. Ils veulent se suffire de Dieu, du Prophète (Psl) et de leurs recommandations, programmant ainsi la fin de nos dynasties confrériques. Ils vont jusqu’à penser que nos marabouts sont des citoyens comme nous, alors que nos grands-pères, comparés aux leurs, n’étaient que de petits types, pour ne pas dire de viles créatures.

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