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EMIGRATION VIVRE A L’ETRANGER : La Gambie, mini Eldorado des Sénégalais

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Un chercheur de l’Ifan, spécialiste des questions migratoires, a révélé hier que, contrairement aux idées reçues, la majorité des migrants sénégalais se situaient aux frontières du pays, en Gambie, plutôt que dans les pays européens. Il découle de cette donnée que, une bonne partie de la manne financière récoltée des migrants, provient plutôt du pays de Yaya Jammeh que d’Italie ou d’Espagne, entre autres.

Par Mohamed GUEYE

La cérémonie du lancement du Rapport des Nations-Unies sur le dé veloppement humain, hier à l’hôtel Pullman Teranga de Dakar, a été l’occasion, au Sénégal, de remettre en cause plusieurs certitudes en ma tière d’émigration. M. Papa Demba Fall, du Réseau d’études des migrations internationales africaines et de l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan), a fait une présentation sur les enjeux et les défis de la migration du travail au Sénégal, qui a été instructive à plus d’un titre.
A commencer d’abord par les zo nes de destination des migrants. Con trairement aux idées les plus an crées dans l’imaginaire des Sé né ga lais, la majorité des personnes qui ont migré ne se sont pas rendues en Europe ou en Amérique, ni même dans les pays d’Afrique centrale, mais, dans des pays frontaliers. Et, au premier rang des pays d’accueil de la migration sénégalaise, on trouve l’appendice géographique que cons titue la Gambie au sein du territoire national. Sur les plus de 2 mil lions de migrants dénombrés par M. Fall, 42% se trouvent dans le pays de Yaya Jammeh. Après ce pays, viennent dans l’ordre, la Côte d’I voire, la France, l’Italie, les Etats-Unis et l’Espagne.
Ces statistiques sont expliquées par le constat indiqué dans le Rap port mondial sur le développement humain, qui a été officiellement publié hier. Les auteurs affirment : «Seules 37 % des migrations dans le monde ont lieu d’un pays en développement vers un pays développé. La plupart du temps, elles surviennent entre pays de même catégorie de développement : environ 60% des migrants se déplacent entre des pays développés ou entre des pays en développement (les 3 % restants recouvrant ceux qui quittent un pays développé pour un pays en développement).»

Transferts des emigres
Ce constat est intéressant également en ce qui concerne un autre point, essentiel quand on parle de l’émigration au Sénégal ; à savoir les transferts d’argent. Il a été longtemps répété ces derniers temps, que la manne en provenance des é migrés dépasse de loin, les sommes que le pays reçoit des Aides pu bli ques au développement (Apd). Les spécialistes parlent même d’une pro portion de 1 pour 3, en faveur des transferts internationaux d’argent. Et la crise financière et économique actuelle, couplée aux fortes restrictions imposées à l’entrée des étrangers, surtout ceux en provenance des pays pauvres, par les gou vernements des pays développés, ont fini par asseoir l’idée que les ressources financières envoyées par les émigrants sénégalais, risquaient de tarir fortement.
Si cette crainte n’est pas totalement infondée, et a même commencé à se vérifier dans certains cas, il reste néanmoins exagéré de penser que les Sénégalais de l’extérieur se ront tous affectés de la même manière. Il est évident que ceux qui sont dans les pays frontaliers ne subiront pas la crise comme la ressentent ceux qui sont en Eu rope. Et l’on peut croire également que les gens trouveront toujours le moyen d’envoyer quelque chose à la famille restée au pays.
Car, pris globalement, les fonds en provenance de la Gambie sont les plus importants. Si l’on prend les chiffres de 2007, qui ont servi de ba se de calcul à Papa Demba Fall, sur les 500 milliards de francs Cfa envoyés au pays par les émigrés, la part des gens établis en Gambie était de 27%, et celle des Francenabé (les émigrés de France, Ndlr), de 20%. Les Italiens ont apporté 15%, et les Espagnols, 5%, dépassés par les émigrés établis en Mau ritanie voisine. Quant à ceux qui ont trouvé asile au pays de l’Oncle Sam, ils n’ont apporté que 3% de la cagnotte.
Ces données s’analysent en ce sens que le plus important au ni veau macroéconomique, n’est pas l’apport individuel de l’émigré à sa famille. La mo yen ne de ce qu’un é migré établi en Gambie envoie à ses pa rents restés au pays, peut être mo deste par rapport à ce que ferait son cousin qui aurait ga gné les E tats-Unis ou l’Espa gne. Mais, cumulée au nombre des envois des autres compatriotes, cet te somme constitue une belle participation dans le Pib.

Choix de la proximite
Certains pourraient se demander pourquoi des compatriotes décideraient de se rendre dans des pays proches au lieu de tenter la grande aventure de l’au-delà des mers, censée rétribuer plus ? Le rapport du Pnud, publié hier donne une explication : «Une raison évidente de la fai blesse des flux migratoires entre les pays en développement et les pays développés est que la migration coûte cher, et plus cher encore sur les longues distances que sur les courtes. Le coût supérieur des déplacements internationaux s’explique non seulement par les frais de trans port, mais aussi par les restrictions que les politiques imposent au franchissement des frontières internationales, que seuls peuvent surmonter ceux qui en ont les moyens, ceux dont les compétences sont recherchées dans le nouveau pays d’accueil, ou ceux qui sont prêts à courir des risques très élevés.» Con sé quence de cette donnée : «Près de la moitié des migrants internationaux se déplacent dans leur région d’origine», souligne le document, qui re commande essentiellement, de faciliter la migration des populations.
La migration des gens à l’intérieur de leurs frontières, comme entre les différents pays, est perçue comme un moyen d’améliorer les potentialités des individus, d’accroître sa liberté et ses capacités.
Néanmoins, le rapport mondial sur le développement humain prévient également que la migration n’est pas que porteuse d’avantages. Elle demande parfois beaucoup de moyens financiers, et pour certaines personnes, elle peut mener à la perte de liberté, ou même de la vie.
mgueye@lequotidien.sn


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Par Bathie Ngoye Thiam le 11 - 05 - 10

Mbokki taalibe yi (chers condisciples), l’heure est grave. Nos marabouts sont de plus en plus désacralisés. Des égarés croient qu’ils peuvent se passer d’eux tout en restant musulmans. Ils veulent se suffire de Dieu, du Prophète (Psl) et de leurs recommandations, programmant ainsi la fin de nos dynasties confrériques. Ils vont jusqu’à penser que nos marabouts sont des citoyens comme nous, alors que nos grands-pères, comparés aux leurs, n’étaient que de petits types, pour ne pas dire de viles créatures.

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