Le sexe dans la politique a fait un tabac éditorial, voici le sexe dans l’économie.
On connaît le best-seller Sexus Politicus, récemment réédité en livre de poche. Voici Sexus Economicus, qui traite des « à-côtés » horizontaux du monde des affaires. Un monde pas très éloigné, d’ailleurs, de la politique, si l’on en croit le chapitre consacré aux « nouveaux réseaux », qui évoque les séjours de prostituées de haut vol à Strasbourg, pour les sessions du Parlement européen. Un réseau asiatique profiterait même de ces sessions pour proposer des soirées sadomasochistes très courues.
Du meurtre du banquier suisse Édouard Stern aux frégates de Taïwan, en passant par les call-girls qui ont comblé les dirigeants de Volkswagen et les dirigeants syndicaux du groupe, Yvonnick Denoël rédige un livre croustillant, qui n’épargne aucun secteur d’activité. Selon lui, il est possible, par exemple, de rebaptiser « Paris-Plumard » le célèbre raid Paris-Dakar.
Pas de sexe dans les déjeuners ministériels que nous décrivent Anne Morvan et Nathalie Séguaunes, mais beaucoup de stress et d’anxiété. Les plus hauts personnages de l’État n’hésitent pas à demander aux journalistes qu’ils invitent à déjeuner ce qui se passe dans le ministère d’à côté… et ce qu’est supposé penser le président de la République. La galerie de portraits est assez complète, d’Éric Besson à Jean-Louis Borloo, en passant, notamment, par Nadine Morano, Fadela Amara et Jean-Marie Bockel. Dont on apprend qu’il doit se satisfaire, quand il invite la presse à déjeuner place Vendôme, du menu élaboré pour Michèle Alliot-Marie. Le steak du secrétaire d’État était dur, ce jour-là. Il n’y a pas que le steak !
Le filon Kennedy
Petit détour « peopolitique » aux États-Unis, avec un filon qui ne s’épuisera sans doute jamais : les Kennedy. Il n’est pas question, cette fois-ci, du président assassiné en 1963, mais de son frère Robert, qui sera abattu cinq années plus tard.
C’est lui, Bob, qui aurait consolé Jackie, la veuve de JFK. Nominé trois fois pour le prix Pulitzer, la plus haute distinction des journalistes, David Heymann est un reporter d’investigation qui a déjà publié plusieurs best-sellers sur le clan Kennedy.
L’année 40 sous tous les angles
La Deuxième Guerre mondiale occupe toujours une grande place dans l’édition. Trois auteurs s’intéressent en particulier à l’année 1940, qui a vu la débâcle de la France — cela fera soixante-dix ans dans quelques semaines. Max Gallo décrit, avec sa précision et sa verve habituelles cette année noire pourtant porteuse d’espoir, à compter de l’Appel du 18 juin lancé par le général De Gaulle. Éric Alary raconte l’exode de mai et de juin, et Patrick Girad analyse le fiasco de l’opération « Menace » : en septembre 1940, le général De Gaulle se présentait à la tête d’une armada franco-britannique au large de Dakar, au Sénégal, pour y rallier les autorités (vichystes) et la population coloniale. L’opération s’est soldée par un échec. Après la défaite de juin, après l’attaque anglaise contre les navires français à Mers-el-Kébir en juillet, l’affaire de Dakar, aurait pu sonner le glas de la France Libre du général De Gaulle. Il n’en fut rien et ce n’est pas le moindre mystère « De Gaulle ».
Femmes en guerre, femmes en quête d’emploi
Méconnue, pour ne pas dire mésestimée, la place des femmes dans la guerre a été d’une grande importance, lors des deux conflits mondiaux. Carole Mann leur rend hommage, et montre comment l’appel aux femmes, à tous les niveaux militaires et civils, a profondément fait évoluer le rôle qui leur était traditionnellement dévolu.
C’est un autre combat qui attend les femmes d’aujourd’hui : celui de l’emploi est semé d’embûches que détaille Martine Le Gall, propositions malhonnêtes des recruteurs masculins comprises.
Un beau livre pour les amateurs d’aviation : Gérard Maoui raconte l’histoire illustrée de l’A 380. Une invitation — indirecte — à s’intéresser aux pays lointains. Par exemple à ceux du sud, pour lesquels l’aide au développement coûte cher sans rapporter beaucoup sur le plan humain et économique, et plus spécifiquement à l’Amérique latine où coexistent trois grandes tendances politiques : celle, révolutionnaire, de Chavez, le président vénézuélien, celle, pro-américaine d’Uribe, le président colombien et celle, réformatrice, du Brésilien Lula. On pourra lire, en complément, les journaux de voyage de Che Guevara, un lointain ancêtre politique de Chavez.
Patrick Fluckiger






Poster un nouveau commentaire